Beramu Mag

Magazine de la Jeunesse Comorienne

Le rap est mort, vive le rap !

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« Classez-moi dans la varieté », réclamait Doc Gyneco dans son mythique album « Première consultation », refusant qu’on le considère comme étant uniquement un rappeur. Qu’on se mette d’accord, le Doc ne faisait pas de la variété française.  Il était loin d’un Jean-Jacques Goldman ou d’une Mylène Farmer. Cet ovni du rap hexagonal est arrivé pour ce premier album solo avec un style assez particulier, mélangeant G-Funk, empruntant un ton parfois comique tout en chantonnant, bref un style peu habituel dans le rap français des années 90.

     De l’autre côté de l’Atlantique, il y a eu dans la même période, et même bien avant, des artistes du genre qui revendiquaient un rap nouveau, brisant tous les codes et différent de tout ce qu’on a pu entendre précédemment. Et ça continua ainsi jusqu’à aujourd’hui à un point où le terme « rappeur » semble devenir obsolète tellement ce qui fut un genre de musique à part entière est devenu complètement une espèce de cocktail de différentes sonorités.

La diversification, mais aussi le succès du Hip-Hop actuel ne sont que l’effet de cette vague d’émergence d’artistes osant mélanger tout ce qui se faisait de mieux à leurs époques pour se créer leurs propres univers. La seule grande différence qu’il y a entre la perception du rap d’aujourd’hui et celui d’avant, c’est que la plupart des représentants actuels de ce mouvement, pour ne pas dire leur ensemble, refuse toute forme de catégorisation et cela devient de plus en plus ordinaire.

Le nouveau visage de cette musique, marquant le début affirmatif d’une nouvelle ère ne s’observe pas seulement dans les chansons, mais carrément chez les artistes eux-mêmes et les personnages qu’ils incarnent, qui sont soit fabriqués de toute pièce en coulisse ou juste un reflet de ce qu’ils sont vraiment dans leurs quotidiens. On n’est plus dans l’ère du rappeur énervé, qui se voulait plus viril que n’importe qui. Kanye West a prouvé qu’on peut se présenter en studio habillé comme un collégien à la sortie de l’école ou porter un jean slim et malgré tout, être un des rappeurs les plus influents de tous les temps.

Aux Comores, sous nos cocotiers, ce n’est que très récemment que cette musique a franchi le cap. Ce qui est parfaitement logique dans le sens où une grande partie des rappeurs comoriens s’inspiraient plus de leurs homologues de l’Hexagone que de la scène américaine et que la France n’a pas tout de suite suivi cette tendance du rappeur/chanteur/artiste initié au USA. 

Le Hip-Hop aux Comores d’aujourd’hui est assez varié. On trouve des jeunes qui réussissent parfaitement à pousser la chansonnette dans leurs tubes, à faire danser les foules à la MHD ou à faire du « mumble rap », ce rap qui se murmure, représenté par Future, Young Thug et parfois, le très talentueux Travis Scott.

Avec toute cette diversification, on pourrait se demander si le mouvement n’est pas en déclin étant donné qu’il s’éloigne de plus en plus de ses bases en voulant à tout prix plaire à tout le monde. Parce que c’est ça, à mon avis, le but de tout ce phénomène : toucher un très grand public et donc vendre plus. Il y a certes des raisons de s’inquiéter, cependant en creusant un peu, on réalise que le rap est loin de se laisser abattre, puisqu’il y a encore des représentants comme Kendrick Lamar qui sont restés authentiques en faisant du rap pur et dur ‘ même si c’est encore discutable ‘ et malgré cela, squater les sommets des charts.

ABDOU MOHAMED Naira


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